Récit

Récit personnelle poétique-philo-amante sur la série d’événements de résistance et de solidarité à la santé Pataxo.

Tout d’abord c’est un témoignage de gratitude à tous ceux qui ont pu nous aider et partager des moments de rencontres affectueuses sur ce que nous vivons actuellement.

C’est une guerre. Nous le savons bien. Nous pouvons ignorer et vivre nos vies personnelles dans leurs satisfactions les plus authentiques et les plus aimantes. Entre cet amour de la vie quotidienne qui résiste à la tristesse civique et la pratique systématique de la nécropolitique, c’est une guerre culturelle et subjective des modes de vie qui je me rends compte.

Cher lecteur, pardonnez ma philosophie qui arrive avec des concepts et des décisions, pour ceux qui ne savent pas, des attaques quotidiens non seulement contre les peuples originaires, mais le Brésil qui est maintenant la réalisation d’un fascisme religieux, militaire et, effroyablement, hypocrite. Il vend le Brésil en disant qu’il est nationaliste. Il vend des “femmes, des noirs et des indigènes” en disant qu’il les protège. Stupide et consacré à “gagner” comme les Américains, il suit un modèle capitaliste ouvertement destructeur.

Bref, je ne vais pas rester sur les raisons pour lesquelles il est évident qu’il faut un engagement actuel et global, celui-là de tous les côtés. Dans le cas du Brésil, je voudrais souligner deux perspectives de lutte et de résistance et expliquer pourquoi elles rassemblent les forces également à moyen et long terme, dans ce cas-ci, la campagne de santé de Pataxó et l’inauguration du jardin Marielle Franco.

Le monde est mort, vive le monde !

Du coup… L’organisation d’événements est toujours très difficile, un bricolage des erreurs et des problèmes se produisent parce que nous avons peu d’infrastructure et presque pas d’argent, que demander de l’aide demande aussi de l’audace et de la confiance, que le besoin est beaucoup plus sérieux que nous l’imaginons, merci à toutes et à tous qu’on aidé même avec les problèmes techniques et de fatigue.

Pour cela, en participant au comité Marielle Franco et au réseau d’art et d’activisme du Tecnoxamanisme, nous avons organisé cinq événements, deux ateliers et trois fêtes de résistance, à Toulouse et à Paris, de façon gigantesque comme au Brésil.

Les ateliers ont été donnés par l’artiste Marie Carangi (Teta Lirica), qui travaille avec le corps comme un moyen d’expression, un dispositif d’émancipation et de création d’autres façons de penser et d’agir, changeant la logique de chosification du corps, qui, par exemple, les seins ne voient telle qu’un moyen de nourrir, mais  aussi un dispositif du choc culturel qui casse, casse, cause, qui vient en causant. L’atelier prend une création d’un rituel, coupe le collant, met sur le corps, respire, touche, touche, sent, danse avec le Théremine, montre le corps avec d’autres sens seins….

Figurez-vous bien que la guerre est aussi sensible et esthétique (un autre mot difficile de la philosophie, mais qui en allemand est sinnlichkeit et signifie aussi sensualité, l’amour).

Puis nous avons eu les fêtes, d’abord à Toulouse, dans l’espace Hangar, je veux m’excuser auprès de la maison et des musiciens parce que je n’ai pas fait assez attention, j’étais entre la cuisine et les discussions stratégiques. Il y avait un public très jeune et des gens qui venaient parler de ce que nous allons faire à partir de maintenant ? Et comment ? De manière autonome et autogérée, afin de ne pas nous encombrer d’exigences et de forces contraires à la vie, nous avons aussi une vie personnelle qui aime et mange.

Par conséquent, et une fois de plus en répétant avec le pardon de l’utilisation du mot, c’est de la Résistance qu’on parle! Je voulais annoncer formellement que nous avons obtenu un financement pour aider dans la campagne Pataxó, un projet de trois ans et pour cet objet il reste encore un long chemin à parcourir, mais ce projet de trois ans nous permettra aussi une tranquillité stratégique, fondamentale pour nous de continuer. (Plus d’infos sur les messages privées, car les fascistes attaquent aussi en réseau virtuelle publique).

Bientôt, nous ferons un appel pour ceux qui veulent aider dans le virtuel, la conception, la traduction, et d’autres moyens d’aide et de soutien. Nous avons de nombreux privilèges ici en Europe et aider la résistance au Brésil est au moins cohérente avec la bonne vie que nous avons ici….

L’organisation et la stratégie, c’est ce qu’on besoin maintenant.

Parce qu’il y a beaucoup de personnes souffrant de dépression, c’est latent le nombre de personnes que je vois sans encouragement ni pour vivre ni pour aider des projets de résistance au Brésil, continuons à aider ces personnes aussi, mais – pardonnez la sincérité – les peuples indigènes meurent aussi, la jeunesse noire des villes meurent aussi et nous qui avons des privilèges…..

Eh bien… Privilèges même d’être triste….

C’est pourquoi, sans aucune culpabilité (chrétienne ou non), c’est à travers du carnaval, de la fête, façonner le banquet anthropophage, qu’on ritualisé cet exorcisme de la dépression de la tristesse civique de la politique de la mort, avec conversation avec dialogue et avec une fête, oui, car c’est ce qu’ils veulent que nous cessions de vivre, d’aimer.

Aimer est un acte politique. Se mettre à la place de l’autre. Lève tes fesses pour aider l’autre. Bouge ton cul pour secouer ton âme. Dansez jusqu’à ce que vous tombiez par terre.

Dans la deuxième soirée, à Paris, qui s’est déroulée au DOC, nous avons exposé le travail audiovisuel de l’artiste Jonantas de Andrade “O Caseiro” et avons également eu une table ronde dont le thème était Art et Politique, avec les invités Felipe Ribeiro, Nina Velasco et Calixto Neto.

Felipe a contextualisé la situation politique brésilienne depuis 2013 jusqu’au Lava-Jato, Nina a montrée une histoire de l’art contemporaine depuis le récit sur les parangolés de Helio Oiticica à la danse de Barbara Wagner, or il est également important de penser aussi l’art comme moyen d’expression et de lutte pour l’existence.

Clairement dit, le fascisme nous veut morts, sans vie même vivante, sans le droit d’exister, même sans droits, nous sommes esclaves pour eux.

Calixto a terminé la table-ronde avec une lettre au ton qui devrait être sur ce qu’est cette violence étouffante, en se rappelant qui Agatha, la dernière décédée par l’état fasciste de Rio de Janeiro,  était une enfant et que le génocide est en pleine force maintenant.

Malheureusement, encore la bricolage et les problèmes techniques, on n’a pas eu le temps de tenir un débat après la table ronde, elle n’a pas eu le temps. Peut-être c’était mieux comme ça avec le silence pour digérer et à la suite la fête qui c’était avec le concert de Teta Lirica avec DJ Cigarra. Simplement anarchitetônique. Soudain, parfois, ce n’est pas d’un discours ou d’un débat dont nous avons besoin, mais simplement de dévoiler en acte un exorcisme féroce.

Pour finir, la deuxième soirée s’est déroulée à l’espace de la Colonie, le même jour de l’avant-première de Bacurau, et nous n’avions donc pas une grande présence brésilienne, mais la salle était pleine et la table ronde était impéccable (qui cette fois-ci avait un débat suivant et c’était super !) avec Silvia Capanema, Flora Mangini, Fabi Borges et Cécilia Cavalieri.

En bricolant, j’ai commencé par l’idée des actions entreprises à Paris, avec Silvia parlant de l’inauguration du jardin de Marielle Franco et de tout l’environnement de la résistance poético-politique académique qu’est Marielle Franco, ce n’est pas seulement une métaphore ou un symbolisme qu’elle est une graine qui pousse et qui est pleine de force et de lutte.

Puis Fabi Borges a parlé du réseau du Tecnoxamanisme, ensuite sur la campagne et la situation de la santé indigène, aussi en mentionnant quelques leaders indigènes actuels, Sonia Guajajara, Raoni Krenak, Sonia Barbosa Guarani, Valdeci Veron Kaiowa et Anapuaka Tupinamba. Ses leaders sont des références sur les réseaux sociaux qui façonne une pensée politique et philosophique autour de la question de l’écologie et de la fin du monde.

Cecilia a présenté un recueil de données sur les entreprises, françaises et européennes, qui agissent dans la destruction directe de l’Amazonie, en vue d’une contextualisation et a ensuite présenté comme porte-parole de la lutte et de la résistance deux lettres d’amis qui sont à Rio de Janeiro, terminant sa parole avec la présentation du projet Lanchonete de Thelma Villas-Boas.

Flora Mangini, comme si elle revenait à ce qui se passe à Paris, a fini la table-ronde d’une façon qui nous pouvons donc résumer pour comprendre que cette lutte est une lutte anticapitaliste, ce qui nous relie en plusieurs points.

Nous dansons et nous dansons, parce que la joie est la preuve par neuf.

Je voudrais remercier tous ces gens pour tout, pour les conversations, pour l’énergie, pour la concentration… 

Soyez trinqué de santé et force comme à Bacurau, la commune de résistance !

Si vous avez des images et/ou vidéo à partager, dès que possible nous publierons les vidéos avec les tables-rondes.

Photos de la soirée du 21 septembre de Rafael Frazão : https://www.flickr.com/photos/144294648@N06/albums/72157711046135957/page2/

 Un gros bisous :

Musiciens de la soirée 19 septembre à Toulouse : Rita Macedo, Daniel Zé, Zé Lauro, Fawzi Berger, Virginie Bm

Invités à la table ronde : Felipe Ribeiro, Nina Velasco et Calixto Neto ; Silvia Capanema, Flora Mangini, Fabi Borges, Cecilia Cavalieri.

Les artistes : Teta Lirica, DJ Cigarra Agatha et Jonantas de Andrade

Hangar : Ernesto, Marie et Simon en particulier

DOC : Thibault en particulier

Tecnoxamanisme : Isabella Aurora, Rafael Frazão, Marina de Morais, Ariane Stolfi, Fabi Borges

Comité Marielle Franco: Stéphanie, Julien, Virginie, Rita

Mes colocs qui ont aidé – pardonnez le mot – de la tête au cul: Abdo, André, Chloé

Les étudiants du master Erasmus Mundus Europhilosophie

Et, que sans lui rien de ça c’était possible, mon directeur de thèse Jean-Christophe Goddard

Texte écrit par Raisa Inocêncio

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